> HISTORIQUE DE SAINT-DENIS

 

Saint Denis
Saint Denis, premier évêque de Paris, fut martyrisé à Montmartre vers 250 après J.-C. La légende veut qu’après sa décapitation, il se dirigea lui-même vers le lieu de sa sépulture en portant sa tête dans les mains. C’est dans le cimetière gallo-romain de Catolacus (aujourd’hui Saint-Denis) qu’il fut enterré. Au Ve siècle, sainte Geneviève fit élever une chapelle au-dessus du tombeau, qui devint rapidement un lieu de pèlerinage. Celle-ci est le noyau primitif des églises successives et l’embryon de la ville actuelle. Au VIIe siècle, Dagobert est enterré selon ses vœux dans la basilique primitive, donnant ainsi naissance à la nécropole royale qui accueillera dorénavant la plupart des rois de France.

Abbaye et nécropole royale
C’est à partir du VIIe siècle et grâce au roi Dagobert que Saint-Denis devient une abbaye royale. Dagobert lui accorde en effet une indépendance par rapport à l’évêque de Paris, une foire franche, des privilèges fiscaux, et, surtout, le privilège d’accueillir sa tombe. Ainsi naît la nécropole royale, qui accueillera ensuite presque tous les rois de France.

L'abbé Suger
L’abbé Suger, conseiller du roi au XIIe siècle renforce l’indépendance et la puissance de l’abbaye. Le commerce se développe et la Foire du Lendit accroît son importance. Dès 1144, Suger fait reconstruire la basilique selon des normes architecturales nouvelles : c’est la naissance du gothique. Les travaux commencés par Suger sont terminés au XIIIe siècle par l’architecte Pierre de Montreuil.

Du XIIIe au XVIIIe siècle
Avec la guerre de Cent Ans, Saint-Denis, assiégé et occupée, est en grande partie dévasté. La population est réduite de 10 000 à 3 000 habitants. En 1593, c’est dans la basilique de Saint-Denis que le futur Henri IV abjure la foi protestante pour devenir roi de France. Sous le règne de Louis XIII, plusieurs couvents sont installés dans la ville. Louis XV s’intéresse particulièrement à Saint-Denis grâce à la présence de sa fille Louise de France au couvent des Carmélites. Sous son règne s’achèvent les travaux des nouveaux bâtiments de l’abbaye, et une chapelle est construite au couvent des Carmélites.

L'industrialisation
Dès le XVIIIe siècle, une première manufacture de toiles peintes s'installe à Saint-Denis, inaugurant une nouvelle ère manufacturière et industrielle. Après le tournant de la Révolution française, où la ville connaîtra son lot d'espoirs et d'excès, l'industrialisation va changer le visage et le caractère de Saint-Denis.
Le canal est ouvert en 1824, le chemin de fer arrive en 1843 et de grandes entreprises s'installent, notamment dans le quartier de La Plaine.

L'histoire de la ville ouvrière commence alors et la "ville rouge" s'inscrit dans tous les mouvements sociaux qui secouent l' époque. En 1892, les Dionysiens élisent leur première municipalité socialiste, qui prend valeur de symbole national.

Le XXe siècle
Dans les années 1920, Saint-Denis est au cœur des mouvements sociaux. On la surnomme "la ville rouge". Son maire devient communiste ; une tradition qui ne sera interrompue que par l'épisode douloureux de Jacques Doriot, puis par la seconde guerre mondiale.
A la Libération vient l’époque de la reconstruction. L’architecte André Lurçat construit les premières cités, associant déjà logement social et architecture de qualité. Ce principe se poursuivra pour prendre toute son ampleur avec la reconstruction du centre-ville, accompagnée d’un programme de fouilles archéologiques qui durera 17 ans.
En 1976, le métro arrive au centre de Saint-Denis, en même temps que s’ouvre au public le parc de la Légion d’honneur. En 1986, Saint-Denis renforce sa tradition commerciale en inaugurant le centre commercial Basilique. Elle accueille en décembre 1992 le premier tramway d’Ile-de-France.

La décision d’implanter le grand stade (80 000 places) à Saint-Denis est prise le 19 octobre 1993. Le stade de France sera inauguré le 28 janvier 1998. Il accueillera le tournoi des Cinq Nations avant d’accueillir 9 matches de la Coupe du Monde de football en juin-juillet 1998. La réalisation du stade de France s’accompagne d’importants travaux d’infrastructures, dont la couverture tant attendue de l’autoroute A1 sur La Plaine, la création de deux nouvelles gares RER, le prolongement de la ligne 13 de métro jusqu’à l’Université Paris 8.